Afrique

La région du lac Tchad, soumise aux fléaux convergents du changement climatique, de l’extrémisme violent, de l’insécurité alimentaire, d’explosion démographique, des maladies et de la pauvreté, est devenue le point central d’une grave catastrophe humanitaire. À travers le Sahel, près de cinq millions de réfugiés et de rapatriés sont en déplacement, et des millions d’autres dans l’impossibilité de trouver du travail.

Cette année encore, l’augmentation des conflits a poussé des millions de personnes à quitter leur foyer. L’instabilité persistante dans le nord – et aujourd’hui dans le sud – du Mali, la crise en Libye, combinée à l’escalade de la violence associée à Boko Haram touchant le Nigeria, le Niger, le Tchad et, plus récemment, le nord du Cameroun, ont eu un impact dévastateur sur l’économie et les populations.

Les routes commerciales et migratoires traditionnelles sont souvent utilisées pour la contrebande d’armes, de drogues, d’êtres humains (migrants). Cependant, en 2017 encore, les graves troubles agraires entre éleveurs et paysans ont continué ; le nombre de morts dépasse maintenant les 15 000, rivalisant avec ceux infligés par Boko Haram.

La présence militaire internationale est de plus en plus importante dans la région. Pour faire face à Daesh Daesh (groupe terroriste se faisant appeler État Islamique) et aux fragilités de la région, le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie, le Niger et le Mali, alliés aux troupes françaises de l’opération Barkhane, ont mis en place la force conjointe du G5 Sahel, qui débute en ce début d’année avec son opération « Hawbi ». Les Etats-Unis one également renforcé sensiblement leur présence dans la région.

L’instabilité du Sahel s’étend en triangle vers le Maghreb et le Machrek, et jusqu’en Somalie et au Kenya. L’attentat d’octobre 2017 dans la capitale somalienne reflète une situation encore critique face à l’insurrection islamiste qui a débuté en 2007 dans la région de la Corne de l’Afrique.  Une nette résurgence de la piraterie au large des côtes Somaliennes est aussi à noter.

De nombreux troubles régionalistes sont également à prendre en compte. En République Démocratique du Congo, les conflits armés se sont poursuivis dans l’est du pays. Aujourd’hui, plus de 1 500 000 civils sont affectées par le conflit entre diverses forces nationales et originaires de pays frontaliers. Dans le même temps, les tensions politiques ne sont pas apaisées au Soudan du Sud et la population continue de souffrir tant de la faim que des violences entre factions politiques captant le produit des richesses naturelles.

Au Kenya, l’année a été rythmée par un cycle électoral dont le caractère conflictuel peine à être résolu, celui-ci aggravant les fractures existant déjà entre groupes ethniques rivaux.

Les populations d’Afrique de l’Est et d’Afrique australe ressentent l’impact des saisons de sécheresse consécutives. Dans le pire des cas, lorsqu’un conflit rend l’agriculture impossible et réduit l’accès humanitaire, les habitants sont confrontés à des pics de famine de moins en moins espacés. Cela s’applique actuellement au Soudan du Sud et dans les zones occupées par AQMI et Boko Haram dans le Sahel. L’insécurité alimentaire touche toujours également la Corne de l’Afrique. La sécheresse actuelle y est présentement plus prononcée qu’en 2011.