Afrique

Huit ans après le début des printemps arabes, la situation du Maghreb et du Machrek demeure préoccupante et les risques sécuritaires sont très présents (notamment en Tunisie, en Libye, en Egypte). L’arc d’instabilité qui traverse le continent au sud du Sahara est désormais quasiment continu, des frontières mauritaniennes au Kenya, d’AQMI et ses affiliés aux Shebab.

Sur plus de la moitié du continent, la prise de conscience (à retardement) de la diffusion d’un islamisation radical très actif n’a pas fait naître de réponse efficace. Les inquiétudes, les tensions et les instabilités (Égypte, Maroc, Sénégal, Burkina Faso, RCA, Kenya, etc.) s’étendent, sur fond de système scolaire défaillant, de dissension du lien social et d’influences extérieures.

En face, la lutte contre le terrorisme associe des Etats, des troupes étrangères (françaises, russes, américaines, etc.), des organisations régionales (G5 Sahel), sans parvenir à endiguer l’insécurité ni faire disparaître les menaces d’attaques et d’attentats. L’arrimage des efforts de développement, de défense et de sécurité reste souvent au niveau des déclarations d’intention.

Même si la situation économique affiche quelques bons indicateurs (croissance, création de richesse), ils ne sont pas à la hauteur de l’enjeu démographique; les inégalités sont de plus en plus visibles et de moins en moins bien supportées par une population majoritairement jeune. Les anciens pôles de stabilité politique sont de moins en moins solides et les régimes vieillissants sont contestés. Les mouvements sociaux restent réguliers, parfois très violents, et les tensions inter-communautaires, interreligieuses et interethniques présentes sur quasiment tout le continent.

Trafic des êtres humains :

Foyer de conflits armés, d’instabilité gouvernementale et d’extrême pauvreté, le continent africain pousse nombre de ses habitants à vouloir s’échapper vers de nouveaux horizons. Dans l’espoir de trouver un endroit plus stable et plus propice, ces personnes sont exposées à des risques élevés de traite et au trafic des êtres humains. D’importants réseaux de trafiquants prospèrent en raison du manque de coopération des – et entre les – États africains. Le trafic d’êtres humains revêt plusieurs formes, et confine souvent à un esclavage plus ou moins implicite : trafics sexuels, trafics sexuels d’enfants, travaux forcés (y compris des enfants), servitudes pour dettes et servitudes domestiques. Les pays d’Afrique les plus touchés par le trafic d’êtres humains sont la Libye, la Mauritanie, le Nigeria, l’Érythrée, le Soudan du Sud, le Burundi, la Guinée Équatoriale, le Gabon, le Congo et la République Démocratique du Congo.