Moyen-Orient

Au Moyen-Orient, l’année 2018 a marqué la fin de la mainmise de Daesh sur les enclaves urbaines en Syrie et en Irak. Une phase de rééquilibrage s’est alors amorcée en Irak, puis en Syrie, pendant laquelle les vides stratégiques laissés par l’organisation islamiste ont été comblés par les Etats de la région reprenant leurs droits territoriaux, régaliens, et stratégiques.

La ville d’Idlib reste au centre de toutes les convoitises, tant islamistes que gouvernementales, alors que les zones kurdes du Nord du pays sont en passe de revenir sous le contrôle du gouvernement de Damas.

En Irak, la reprise par le gouvernement de Bagdad des territoires annexés par la région autonome kurde suite à la chute de Mossoul en 2014 s’est soldée par un renouvellement de l’allégeance des dirigeants kurdes au gouvernement central, faisant fi des revendications nationalistes passées. Au Kurdistan irakien, le renouveau démocratique contre les partis féodaux des familles Barzani et Talabani continue de progresser.

Sous pression américaine, l’Iran subit une crise monétaire et économique de grande ampleur. La jeunesse du pays, qui avait pu donner l’impression de vouloir soulever le joug du régime, ne parvient pas à renverser les équilibres. Face à la pression extérieure, le régime des mollahs parvient, en apparence du moins et en utilisant les forces chiites contre pour essayer de retrouver un rôle régional, à faire jouer le réflexe patriotique pour souder le pays.

En Syrie, le régime du Président Bachar el-Assad retrouve progressivement les faveurs diplomatiques internationales et régionales, laissant en marge les états européens ayant misé sur ses adversaires islamistes et kurdes.

La politique régionale de l’Arabie Saoudite, basée sur le sentiment d’omnipotence du prince Mohammed bin Salman, a été mise à mal non seulement dans la crise opposant ce pays à son voisin qatari, mais également par les oppositions internes. L’année 2018 marque l’accroissement de l’isolement de l’Arabie Saoudite sur la scène régionale et internationale, dont le point de cristallisation a été l’affaire Khashoggi.

En ce qui concerne la situation israélo-palestinienne, la dernière partie de 2018 a marqué un accroissement des violences dans les territoires occupés.