Proche-Orient

Au Proche-Orient, l’année 2017 a marqué la fin de la mainmise de Daesh (groupe terroriste se faisant appeler État Islamique) sur ses enclaves urbaines en Syrie et en Irak. Une phase de rééquilibrage s’est alors amorcée en Irak puis en Syrie, dans laquelle les vides stratégiques laissés par Daesh sont en passe d’être comblés par les états régionaux reprenant leurs droits territoriaux, régaliens, et stratégiques.

En Irak, le gouvernement de Bagdad a amorcé une reprise des territoires annexés par la région autonome kurde suite à la chute de Mossoul en 2014. Au Kurdistan irakien, cette reprise s’est soldée par une division interne accrue entre, d’une part, des partis politiques/féodaux de plus en plus contestés et, d’autre part, un nouveau courant politique se voulant anti-corruption et prônant une redevabilité gouvernementale accrue.

En Syrie, un nouveau pragmatisme international et régional par rapport à la position du Président Bachar el-Assad et sa minorité alaouite s’est soldé par une victoire de la coalition d’alliances contre nature face à Daesh. Ces alliances sont maintenant fracturées et se soldent par un affaiblissement des forces kurdes et de leur présence. La viabilité de cette dernière est désormais très

En Irak et en Syrie, les autorités politiques kurdes paient leur manque de réalisme par rapport à leur importance stratégique aux cotés de leurs alliés d’un jour contre Daesh. Le rééquilibrage géostratégique de cette région suit un schéma de retour des Kurdes dans leur position initiale de minorité et non d’acteur incontournable régional.

La deuxième crise régionale de 2017 est celle du Golfe, opposant l’Arabie Saoudite au Qatar dans un conflit économico-stratégique ayant émergé dans un contexte de réformes internes Saoudiennes pilotées par le nouveau Prince Régent Mohammed bin Salman. Sur fond d’alliances avec ou contre l’Iran, Mohammed bin Salman a su amorcer un changement radical du pacte d’entente des élites Saoudiennes afin de tenter de redresser l’économie de son pays. Contre toute attente, cette crise du Golfe avec le Qatar n’a pas affaibli ce dernier, qui fait preuve de résilience et fait jouer ses alliances économiques avec l’Iran.

En ce qui concerne la situation israélo-palestinienne, la dernière partie de 2017 a marqué une résurgence des violences dans les territoires occupés, bien que les autorités palestiniennes peinent de plus en plus à fédérer un soutien international à leur cause.