AFGHANISTAN

En 2026, l’Afghanistan demeure confronté à une situation sécuritaire fragile, marquée par une stabilité apparente imposée par les Talibans, mais fragilisée par des menaces persistantes et des tensions régionales. Si le niveau de conflictualité ouverte a diminué depuis 2021, le pays reste affecté par le terrorisme, une insécurité endémique, des crises humanitaires récurrentes et une forte pression socio-économique sur la population. Les principales dynamiques de déstabilisation reposent sur la menace jihadiste de Daesh au Khorasan (ISKP) et sur la dégradation des relations avec le Pakistan, qui s’est traduite par des frappes transfrontalières et une montée des tensions militaires.

Daesh au Khorasan demeure la principale menace terroriste interne. Le groupe poursuit une stratégie d’attentats ciblés contre les Talibans, les minorités religieuses (en particulier chiites) et les représentations étrangères. Bien que soumis à une forte pression sécuritaire, ISKP conserve une capacité de nuisance significative, reposant sur des cellules clandestines, des actions spectaculaires (y compris à l’étranger) et une propagande active. Cette menace limite la capacité des Talibans à revendiquer un contrôle sécuritaire total du territoire et constitue un facteur majeur d’isolement international du régime afghan.

Les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan se sont fortement détériorées en 2025, en raison de l’activité persistante de groupes armés hostiles à Islamabad opérant depuis le sol afghan, notamment le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP). En réponse, le Pakistan a mené plusieurs frappes ciblées dans les provinces frontalières afghanes, officiellement présentées comme des actions de légitime défense. Ces opérations ont été dénoncées par les autorités talibanes comme des violations de souveraineté et ont contribué à une escalade verbale et militaire limitée, mais récurrente, accentuant l’instabilité dans les zones frontalières.

Les tensions avec Islamabad ont connu une nouvelle phase en février 2026, avec la déclaration d’une guerre ouverte de la part des autorités pakistanaises. Depuis fin février, l’Afghanistan a lancé une offensive à la frontière pour répondre aux frappes aériennes contre Kaboul et les zones frontalières.  Depuis le 26 février, ce sont des centaines de civils qui ont trouvé la mort et 100 000 personnes ont dû être déplacées dont 25 000 dans la province de Kunar. 

Sur le plan interne, la situation sécuritaire s’inscrit dans un contexte de crise économique durable, de restrictions sociales strictes (visant en particulier les femmes) et d’un affaiblissement des capacités administratives de l’État taliban. Les populations frontalières, en particulier à l’est du pays, subissent directement les effets conjugués des opérations antiterroristes, des frappes transfrontalières et de l’absence de mécanismes de coordination régionale. À l’échelle régionale, l’Afghanistan reste un espace de rivalités indirectes, où les enjeux sécuritaires pakistanais, les craintes de contagion jihadiste et les intérêts des puissances voisines se superposent. L’absence de reconnaissance internationale du régime taliban limite toute coopération structurée et contribue à la persistance d’un environnement sécuritaire volatil, marqué par des risques d’escalade ponctuelle plutôt que par un conflit ouvert.