BURKINA-FASO

En 2025, le Burkina Faso figure parmi les pays les plus instables et dangereux du Sahel. Le territoire est le théâtre d’un conflit armé interne de haute intensité opposant les forces gouvernementales à des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda (JNIM) et à l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS), lesquels contrôlent ou contestent une large partie du pays. Cette insécurité généralisée s’accompagne d’un durcissement autoritaire du régime militaire et d’une crise humanitaire majeure, faisant du Burkina Faso un environnement à très haut risque.

La principale menace sécuritaire demeure l’insurrection djihadiste. Les groupes affiliés au JNIM et à l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) disposent de capacités opérationnelles élevées et exercent un contrôle effectif ou une influence dominante dans de vastes zones du nord, de l’est et de l’ouest du pays. Ils mènent régulièrement des attaques contre les forces armées, les milices locales, les infrastructures civiles et les populations, imposant des blocus sur les axes routiers et isolant des régions entières. La capitale, Ouagadougou, reste sous contrôle gouvernemental, mais elle n’est pas épargnée : attentats, attaques ciblées et tentatives d’infiltration y ont été signalés, traduisant une capacité des groupes armés à frapper au cœur du dispositif étatique.

Le pays est dirigé depuis septembre 2022 par un régime militaire conduit par le capitaine Ibrahim Traoré. En 2025, ce régime a renforcé son contrôle autoritaire, s’appuyant sur une rhétorique ultra-souverainiste, anti-occidentale et favorable à un réalignement stratégique vers la Russie. Cette orientation s’est traduite par l’expulsion de partenaires internationaux, notamment des forces françaises, de nombreuses ONG étrangères et certaines agences des Nations unies. Le Burkina Faso a officiellement quitté la CEDEAO le 29 janvier 2025 et s’est rapproché du Mali et du Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans ce cadre, une coopération sécuritaire avec des acteurs russes, dont le groupe Wagner, est signalée, bien que moins visible qu’au Mali. Les opérations militaires conduites par l’armée burkinabè, souvent en coordination avec les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) composé de supplétifs civils burkinabés, sont régulièrement dénoncées par les ONG pour de graves violations des droits humains. Des massacres de civils accusés de collusion avec les groupes djihadistes ont notamment été signalés dans les provinces de Yatenga, Séno et Sanmatenga. Des tensions internes au sein des forces armées persistent, faisant planer le risque de nouvelles instabilités politiques, y compris un éventuel coup d’État.

La situation humanitaire est critique. Le pays compte plus de deux millions de déplacés internes, tandis que de vastes zones sont devenues inaccessibles à l’aide humanitaire. De nombreuses écoles et structures de santé ont été fermées ou détruites. Les blocus imposés par les groupes armés sur les principaux axes routiers aggravent l’insécurité alimentaire, avec des risques de famine dans plusieurs régions, en particulier au nord du pays.

Les ressortissants étrangers, les entreprises, les journalistes et les organisations humanitaires sont exposés à des risques élevés. Ils peuvent être pris pour cibles aussi bien par les groupes djihadistes que par les autorités, qui accusent régulièrement certains acteurs d’ingérence ou de collusion avec des puissances étrangères. Le sentiment anti-français est particulièrement marqué, et toute affiliation occidentale constitue un facteur aggravant de risque sécuritaire.

L’ensemble du territoire burkinabè doit être considéré comme une zone à très haut risque, y compris la capitale. Les déplacements sont formellement déconseillés, sauf nécessité impérative et sous réserve de dispositifs de sécurité extrêmement renforcés.