Europe

Les pays européens doivent répondre aux risques accrus associés à l’extrémisme islamiste et à la radicalisation. Au cours de l’année 2017, de nombreuses attaques ont eu lieu, notamment en France, en Allemagne, en Suède, en Espagne, mais surtout au Royaume-Uni où le niveau de sécurité s’est dégradé cette dernière année. Par ailleurs, en dépit de nouveaux renforcements visibles des coopérations policières, douanières et institutionnelles, le niveau de criminalité demeure préoccupant dans de nombreux pays, dont la France.

Toutefois, le défi pour l’Europe provient aussi de l’intérieur du système politique et social. On assiste en effet à la remise en cause progressive des normes et des valeurs au cœur même de l’Europe, et le défi que cela représente pour l’unité européenne est patent. L’affrontement entre Bruxelles et la Pologne, qui pourrait précipiter les sanctions de l’UE contre l’Etat membre, en est un exemple récent, mais les sanctions contre la France en matière de droits de l’homme et le Brexit sont aussi marquants.

Cette année, le continent a été témoin d’une forte croissance des mouvements nationalistes et contestataires, mis en évidence lors des dernières élections notamment en Suède, en Italie, en Autriche et en Allemagne. Si ces mouvements prennent des formes différentes, ils ont tendance à embrasser le nationalisme ethnique et à partager une opposition ferme à la globalisation, à certaines formes de coopération européenne et à ce qu’ils estiment être des dérives anti-démocratiques des institutions pan-européennes.

Si les élections aux Pays-Bas et en France ont suscité un certain soulagement quant aux perspectives en matière d’unité du continent, les systèmes politiques européens ont rarement été aussi instables. Les mouvements précités bénéficient de l’inquiétude des populations face à la criminalité et au terrorisme, et de leur colère face à la crise des réfugiés et d’un malaise vis-à-vis de l’appartenance à l’UE.

Suite au Brexit, de nombreuses institutions (les gouvernements, les partis politiques, les médias, les tribunaux et les institutions financières), continuent de voir leur crédibilité décroître aux yeux de leur public.