ALGÉRIE
En 2025, l’Algérie demeure globalement stable sur le plan intérieur, mais cette stabilité repose sur des équilibres fragiles. Le pays est confronté à des tensions politiques latentes, à une pression socio-économique croissante et à un environnement régional dégradé. Si les grandes villes restent relativement sûres et que la menace terroriste a nettement reculé par rapport à la décennie précédente, plusieurs facteurs (chômage des jeunes, dépendance aux hydrocarbures, crispations diplomatiques et restrictions des libertés publiques) constituent des facteurs de vulnérabilité structurelle.
La menace terroriste en Algérie est en net déclin, mais elle n’a pas totalement disparu. Des groupes armés islamistes, notamment affiliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), conservent une capacité d’action résiduelle dans certaines zones montagneuses (Kabylie, Aurès) et surtout dans les régions sahariennes frontalières. Les frontières avec le Mali, le Niger et la Libye, caractérisées par leur porosité, exposent le pays à des risques d’incursions terroristes, de trafics transnationaux et d’enlèvements. En conséquence, les zones sahariennes (Tamanrasset, Djanet, In Salah) et les régions frontalières restent fortement déconseillées.Dans les grands centres urbains (Alger, Oran, Constantine), la situation sécuritaire demeure maîtrisée. Les principaux risques relèvent de la petite délinquance (vols à l’arraché, cambriolages), avec un niveau de violence criminelle inférieur à celui observé dans plusieurs pays voisins.
Le pouvoir politique reste concentré autour de la présidence et de l’institution militaire. Abdelmadjid Tebboune est toujours en fonction en 2025, mais son autorité est fragilisée par une défiance populaire persistante. Le Hirak, bien que largement contenu dans l’espace public, continue d’exister de manière diffuse, notamment à travers les réseaux sociaux et des mobilisations ponctuelles. Le système politique algérien traverse une phase de recompositions internes. L’équilibre traditionnel entre présidence, armée et services de renseignement s’est fragilisé, avec des rivalités entre différents cercles de pouvoir. Cette fragmentation alimente une instabilité politique de fond, sans toutefois déboucher sur une crise ouverte. Sur le plan économique et social, la situation demeure préoccupante. Le chômage des jeunes (particulièrement élevé parmi les 19-25 ans) constitue un risque majeur pour la stabilité sociale. Les réponses gouvernementales reposent largement sur des politiques de subventions et d’allocations, qui pèsent lourdement sur les finances publiques et renforcent la dépendance structurelle aux revenus des hydrocarbures. La diversification économique progresse lentement, freinée par des rigidités administratives, un climat d’investissement incertain et le vieillissement des infrastructures énergétiques.
Sur le plan diplomatique, l’Algérie demeure dans une posture défensive et relativement isolée. Les relations avec le Maroc restent rompues depuis 2021, la frontière terrestre étant toujours fermée. Les tensions sont régulières, tant sur le plan rhétorique que militaire, sans toutefois dégénérer en confrontation directe. Les relations avec la France restent difficiles, malgré quelques tentatives de normalisation fin 2024. À l’international, l’Algérie cherche à diversifier ses partenariats, notamment avec la Chine, la Turquie et l’Italie, tout en conservant des liens avec la Russie, bien que celle-ci soit affaiblie par le conflit en Ukraine et moins en mesure de répondre aux besoins militaires algériens.
